Ravages de la stigmatisation

Un désastre économique et humain

Les représentations erronées, désobligeantes et irrespectueuses de la dignité humaine, ne font pas qu’aggraver la souffrance des personnes malades.
Elles ont aussi des conséquences graves sur toute la société :

> Sur la détection de la maladie

Les idées fausses entrainent le déni, la culpabilisation et la perte
de l’estime de soi de la part des personnes concernées. Les diagnostics sont retardés (de 6 à 9 ans selon les pathologies) alors que plus tôt on intervient, plus on limite les troubles. Rappelons que le nombre de suicides – liés le plus souvent à des troubles psychiques – bat des records en France : 8 885 par an, 3 fois le nombre de tués sur la route.

> Sur les politiques publiques

Rejets, idées fausses et incompréhension de la réalité des problèmes posés par la psychiatrie influencent les choix politiques – eux-mêmes influencés par l’opinion publique. Ce qui a des conséquences en matière de budgets alloués aux réalisations médico-sociales.

> Sur les soins

La psychiatrie est marginalisée par rapport aux autres pathologies : conditions de soins hospitaliers ou ambulatoires critiquables, déserts médicaux, découragement des équipes soignantes, manque d’attractivité de la spécialité.

> Sur la recherche

Le désintérêt et la dévalorisation de la psychiatrie sont illustrés par la portion congrue allouée à la recherche en psychiatrie au regard du poids de la maladie en termes de gravité et nombre de malades (4 % du budget total de la recherche).

> Sur les droits et la citoyenneté

Même si le handicap psychique a été reconnu en France par la loi en 2005, les préjugés et la peur provoquent souvent le rejet de la personne malade, puis son isolement social et des difficultés, voire l’impossibilité, à trouver du travail et à se loger.